Que boire avec des crêpes ?

« Il existe une multitude de crêpes et de beignets sucrés ! C’est un mystère pour personne. Traditionnellement les crêpes se consomment avec du cidre mais comme nous sommes sur un site spécialisé sur le vin français nous vous proposons des accords avec les vins. » Cette page suit cet esprit : une crêpe au sucre, une crêpe au citron et une crêpe Suzette ne demandent pas la même bouteille, et la garniture, la sauce ou l’alcool de la flambée décident plus que la pâte.

Crêpes au sucre et crêpe bretonne : les bulles

Une crêpe au sucre ne porte que du beurre et du sucre ; la base lui associe d’abord des effervescents. Le Crémant d’Alsace blanc de riesling arrive premier : « Le bouquet aromatique évoque des notes de fruits à chair blanche comme la pêche, la pomme et la poire, au deuxième nez des arômes floraux comme l’acacia et le tilleul sont présentes, suivies par des touches de fruits secs et d’arômes lactés (beurre, brioche). » Le beurre de la crêpe y répond sans détour.

Viennent ensuite le Vouvray pétillant, le Crémant de Die (« un beau vin effervescent brut, à la robe or pâle ayant une mousse compacte, fine et élégante »), puis les crémants de Bourgogne, de Bordeaux et du Jura, le Limoux et le Gaillac méthode ancestrale. La Clairette de Die, douce et peu alcoolisée, convient particulièrement à ce goûter sucré : « Le nez est magique, déroutant, car il offre des notes fruitées enivrantes, comme les agrumes, les fruits à chair blanche, la pêche ; des notes florales comme la rose, le chèvrefeuille, l’églantine. En bouche, on a la sensation de croquer du fruit. » On l’apprécie « lors d’un goûter, ou bien à l’apéritif, servi bien frais à 8°C ».

La crêpe bretonne penche vers la Loire : Touraine, Saumur, Vouvray, Anjou, Crémant de Loire et Montlouis, tous en version mousseuse. Le crémant de Loire est « un vin léger, délicat et fin, sur les demi-secs l’onctuosité est bien maîtrisée ».

Crêpes au citron et crêpes aux pommes

Le citron veut un vin doux qui garde de la tension. Pour les crêpes au citron, l’Alsace vendanges tardives muscat est le premier choix, suivi du Macvin du Jura blanc et d’une série de muscats du Sud. Le Muscat de Rivesaltes porte même le citron dans son nez : « des notes de fruits mûrs comme l’abricot et la pêche, des arômes de fruits exotiques avec le litchi en tête, des notes florales et d’agrumes, la rose et le citron ». On le déguste frais, à 8°C, « en apéritif ou au dessert ». Le Muscat de Mireval a la même fraîcheur : « On l’aimera avec des desserts aux fruits. Il se boit frais à 8°C. » Le Muscat de Frontignan s’en distingue par ses « fruits secs comme l’abricot, de fruits exotiques avec le litchi, d’agrumes et de fleurs blanches », et se boit jeune, frais à 9°C.

Avec des crêpes aux pommes, on revient aux bulles : le Vouvray mousseux en tête, puis le Frontignan de liqueur, le Montlouis mousseux, la Clairette de Die et le Gaillac mousseux. Parmi les liquoreux, le Coteaux du Layon est cité : « La bouche est très bien construite, un moelleux impeccable, pas lourd, car bien supporté par une acidité noble et rafraîchissante. » Le Coteaux de l’Aubance a lui aussi des notes de coing et d’abricot qui rejoignent la pomme cuite.

Suzette, crêpes flambées et au kirsch

La sauce à l’orange et l’alcool des crêpes Suzette demandent des vins de liqueur et des vins ambrés. La base classe en premier le Muscat de Frontignan de liqueur, puis le Macvin rosé, le Pineau des Charentes, le Floc de Gascogne rosé, le Rivesaltes ambré, le Rasteau tuilé et le Maury tuilé hors d’âge. Le Rivesaltes ambré a ce qu’il faut : « le nez s’ouvre sur des notes de fruits secs comme la noisette, l’amande, la noix, mais aussi des arômes de fruits confits comme les agrumes, et des inimitables fragrances de torréfaction ». Sa température de service est de 10°C.

Les crêpes flambées vont avec le Floc de Gascogne blanc, le Macvin blanc, la Clairette du Languedoc de liqueur et le Pineau blanc. Le Floc de Gascogne blanc a un nez « plus complexe, plus fin et délicat que le rosé, de superbes notes de fruits secs et de miel » et se boit « frappé, à 6°C ». Pour les crêpes au kirsch, le Floc rosé s’impose, avec ses « fruits rouges et noirs frais et à l’eau de vie, cassis, framboise, pruneau avec des notes florales comme la violette ». Le Pineau rouge, quant à lui, « sera excellent sur des desserts à base de chocolat, servi à une température de 8°C ».

Crêpes au caramel, au chocolat et aux noix

Les crêpes au caramel glissent vers les rouges doux : le Pays d’Oc rouge de raisins surmûris, le Périgord Vin de Domme, le Banyuls rimage, le Maury grenat et le Grand Roussillon rouge. Les tuilés et rancios, eux, conviennent à une garniture qui se rapproche des noix, comme les crêpes aux noix. Le Banyuls grand cru rancio en donne l’idée : « l’aspect oxydatif apporté par l’élevage « rancio » donne des notes de noix, à cela s’ajoutent des notes de fruits secs, de sous-bois ». Une crêpe fourrée de pâte à tartiner trouve aussi son accord du côté du Banyuls rimage, qui « s’ouvre sur des notes de fruits cuits, pruneaux, de fruits noirs intenses, cassis, mûres, mais aussi des notes de cacao ».

Servir avec la crêpe

Les crêpes se mangent chaudes, ce qui exalte le sucre : le vin doit donc rester frais. Les bulles et les muscats se servent entre 8 et 9°C, le Pineau et le Floc glacés à 6°C ou 8°C, le Rivesaltes ambré à 10°C, les rouges doux entre 13 et 15°C. Un vin moelleux convient aux garnitures simples ; un vin plus liquoreux ou ambré, aux sauces d’agrumes et d’alcool. Les crêpes dentelles relèvent d’une autre famille, celle des biscuits.

Les crêpes et leurs voisins

Les desserts de la maison se répondent : la tarte aux fruits pour les fruits cuits, le fondant au chocolat pour les rouges doux. Les vins cités se découvrent par leurs terroirs : la Loire, l’Alsace, le Jura, le Roussillon et le Languedoc. Les millésimes de la Loire, ceux d’Alsace et du Languedoc-Roussillon aident à choisir une bouteille. Le guide des accords mets-vins pour les desserts les rassemble tous.