Accords Vin / Plats emblématiques
Qu’appelle-t-on un plat emblématique ? Une recette que tout le monde reconnaît et que chacun fait un peu à sa façon : le bœuf bourguignon du dimanche, le couscous des grandes tablées, la raclette de l’hiver, les moules-frites des bords de mer. Le guide des plats du site le dit à propos du plat principal : « En France, il existe de nombreux plats principaux régionaux pouvant servir de plat unique et s’accordant à merveille avec des vins locaux comme la raclette avec une Roussette de Savoie, la tartiflette avec un vin de Savoie Abymes, l’entrecôte Bordelaise avec un bon vin de Saint-Emilion, la poularde au vin jaune avec un vin jaune du Jura. » C’est la logique de cette rubrique : à chaque plat, son vin du pays.
Quatorze recettes sont réunies ici. Chacune a sa page, avec des accords différents selon la cuisson, la sauce et la garniture, car la base d’accords de Vin-Vigne ne se contente pas d’un vin par plat : elle en recommande plusieurs, classés. Cette page sert de porte d’entrée, et résume en quelques lignes ce que l’on trouvera derrière chaque lien.
Les viandes rouges et mijotées
Le bœuf bourguignon se range du côté de la Bourgogne, avec le Pommard, le Gevrey-Chambertin et des crus du Beaujolais comme le Morgon ou le Moulin-à-Vent ; la Loire s’invite avec un Saint-Nicolas-de-Bourgueil. La côte de bœuf demande plus de structure : Cahors, Madiran et Marcillac pour la côte grillée ; Saint-Émilion grand cru pour la plupart des sauces ; Côte-Rôtie et Crozes-Hermitage pour les amateurs de syrah. Le steak-frites, plus simple, commence par un Beaune rouge ou un Nuits-Saint-Georges, et reste fidèle à un Côtes du Rhône des jours ordinaires, « sur une pièce de viande grillée ».
Le gigot d’agneau change selon sa préparation : un Languedoc Grès de Montpellier, un Faugères ou un Pauillac pour le rôti à l’ail, un Saint-Émilion pour la croûte et les herbes, un Bandol pour la croûte de gros sel. Le couscous relève à la fois des rouges du Sud (Patrimonio, Faugères, Saint-Chinian, Lirac), des rosés et des blancs, selon qu’il est d’agneau, de légumes ou de poisson. Les tomates farcies n’ont qu’une couleur dans la base, le rosé, avec en tête le Tursan, le Saint-Mont, le Lavilledieu et le Bergerac.
Les volailles et les plats de fête
Le magret de canard aime les grands rouges : Saint-Émilion grand cru en tête presque partout, Cahors et Madiran pour le Sud-Ouest, Cornas, Vacqueyras, Crozes-Hermitage et Saint-Joseph pour le Rhône. Pour le magret au foie gras, la base va chercher Romanée-Conti, Chambertin et La Tâche. Le foie gras a son propre univers : Jurançon vendanges tardives, Sauternes, Monbazillac, Gaillac, Pacherenc du Vic-Bilh et alsaces de grains nobles. La dinde de Noël dépend de sa farce : des blancs du Jura (Arbois, Côtes du Jura) pour les noix, des rouges du Médoc et des Graves pour les champignons, des beaujolais pour les marrons et les pruneaux.
La blanquette de veau est le grand plat blanc de la rubrique : Saint-Véran, Mâcon, Pouilly-Loché et Pouilly-Fuissé pour la recette classique, Savennières pour la version au citron, Meursault pour celle au cidre, Volnay pour la blanquette aux morilles. Pour y ajouter un grand vin de fête, on pense au champagne, qui ouvre ou prolonge le repas, et à la page des vins de Noël.
La mer, le fromage fondu, la pizza
Les moules-frites vont au Muscadet Sèvre et Maine, dont la base dit que « le nez est d’une grande fraîcheur, net, intense, frais et complexe, sur des arômes d’agrumes et d’iode » ; viennent ensuite le Bourgogne Vézelay, le Chablis et les vins de Vendée. Le saumon fumé, lui, est une affaire de Bourgogne blanche et d’ampleur : Puligny-Montrachet, Chablis premier cru, Savigny-lès-Beaune blanc et Fixin blanc, avec des blancs de Bordeaux et de Bergerac.
La raclette reste montagnarde : L’Étoile, Vin de Savoie, Seyssel, Roussette de Savoie, Côtes du Jura, Arbois, Roussette du Bugey. La pizza, enfin, change selon la garniture : rosés de Loire et d’Auvergne pour la classique, rouges du Sud pour la diavola, blancs secs pour la blanche et blancs iodés pour les fruits de mer.
Choisir selon la sauce
La logique est la même d’un plat à l’autre. Une sauce au vin rouge appelle un rouge, de préférence de la même famille que celui de la casserole. Une sauce à la crème ou au citron veut un blanc sec et rond, comme dans la blanquette. Une sauce tomate se plaît avec un rosé, comme dans les tomates farcies et dans la pizza. Les tanins des rouges puissants se fondent dans le gras d’une côte ou d’un magret, mais se durcissent devant le piment du couscous et l’acidité de la tomate. Pour approfondir ces repères, la page des règles de base des accords mets-vins les détaille, et le top 10 des accords mets-vins en tire dix classiques.
Servir et choisir le millésime
La température de service est précisée dans la description de chaque appellation : le plus souvent 16 °C pour les rouges de garde, avec ou sans carafe selon l’appellation (le Gevrey-Chambertin, par exemple, « ne doit surtout pas être mis en carafe »), 13 °C pour les blancs de Bourgogne, 8 à 9 °C pour les liquoreux, 8 à 11 °C pour les rosés. Chaque plat a ses chiffres, repris sur sa page.
Le millésime compte aussi : voir les pages dédiées à Bourgogne, Bordeaux, Rhône, Sud-Ouest, Loire et Languedoc-Roussillon. Les vignobles cités se retrouvent dans leurs guides : Bourgogne, Bordeaux, Rhône, Sud-Ouest, Loire, Languedoc et Jura. Pour les accords hors des plats de tradition, le guide des accords mets-vins ouvre sur toutes les familles de plats, et celles de la viande rouge et de la volaille prolongent les plats de cette page.