Quel vin boire avec de la dinde ?

La dinde ne se laisse pas résumer à la bête de Noël. Entre le rôti du dimanche, l’escalope poêlée, la fricassée et la papillote, sa chair maigre et douce cherche toujours un vin souple, rarement très tannique. La liste de la base est d’ailleurs la plus bourguignonne des volailles : Chambolle-Musigny, Saint-Aubin, Rully, Monthélie, Ladoix, Givry.

Dès que la dinde change de garniture, le vin suit. Aux noix, le Jura s’impose ; aux champignons, le Médoc ; à la crème, un blanc gras ; aux pruneaux, un beaujolais.

Le rôti de dinde

Pour le rôti de dinde, la base met en tête le Mâcon, puis le Santenay, le Volnay, le Vin de Corse, le Chiroubles, le Haut-Médoc et le Graves. Le Volnay a un nez « très distingué et fin, sur des notes de fruits rouges comme la cerise », puis de violette et de rose ; sa bouche est « tout en suavité et délicatesse », et « on l’aimera sur des volailles rôties ». Il se déguste à 16 °C.

Le Santenay rouge, au « bouquet tirant sur des notes primaires de fruits rouges et noirs comme la groseille, la framboise et la myrtille », convient bien à une chair maigre.

Les rouges de la Côte de Beaune et de la Côte chalonnaise

Pour la dinde nature, le premier nom de la liste est le Chambolle-Musigny. « Le nez est très délicat, raffiné et élégant sur des notes de fruits rouges, groseille, fraise, framboise, en surplus les fameux arômes de violette apportés par le pinot noir. » En bouche, c’est « un vin souple mais très bien structuré, il est tout en finesse et subtilité avec des tannins ronds et soyeux ».

Le Givry rouge, à la « robe grenat, brillante avec des reflets mauves très nets », s’accorde « parfaitement sur des terrines, des volailles rôtis, le canard ». Le Moulin-à-Vent ferme la liste pour qui préfère le Beaujolais.

Dinde à la crème, au Jura

La dinde à la crème change la donne : la base place l’Arbois et le Côtes du Jura avant le Beaune et le Meursault. L’Arbois blanc « reflète très bien la typicité du cépage avec lequel il est élaboré : le savagnin », avec « des arômes très nets et intenses de noix mêlés à des arômes de fruits à chair blanche ». Il est « gras, dense, opulent » ; « à servir à une température de 11°C ».

Le Côtes du Jura blanc a lui aussi un nez « très typé aux notes de fleurs, de fruit comme la nèfle, des notes d’amandes et de noix » ; « la bouche est ronde, avec une belle acidité et une matière généreuse ». À 13 °C.

La dinde farcie

Aux noix, la dinde farcie change de camp. Le Vougeot rouge arrive en tête, avec « une bouche distinguée, virile et racée, avec une matière dense et des tanins soutenus dans leur jeunesse ». Viennent ensuite l’Arbois, le Côtes du Jura, le Jasnières et le Givry. Le Jasnières est « un vin distingué et racé, la bouche est ronde avec une fraîcheur et une finesse propre aux vins de la Loire, la finale est très agréable sur des notes fruitées et minérales ».

Les pruneaux appellent un fruit rouge : le Beaujolais-Villages en tête, puis le Bordeaux, le Touraine et le Santenay. Pour la dinde de Noël, une fiche est dédiée.

Champignons, olives, papillote

La dinde aux champignons penche vers Bordeaux : Pauillac, Haut-Médoc, Graves, Saint-Georges-Saint-Émilion. Le Pauillac est « tout en finesse, complexité et puissance », avec « des notes très fines de fruits rouges et noirs, la griotte et le cassis ». Les olives basculent vers le Midi : Sable de Camargue, Baux-de-Provence, Saint-Chinian, Gigondas. La papillote et la fricassée se contentent d’un Santenay ou d’un Saumur.

Blancs de Bourgogne et vins de Noël

Autour d’une dinde de fête, le blanc a sa chance, à condition d’avoir du gras. Le Saint-Aubin en est un bon exemple : « Au nez, on perçoit tout de suite la finesse et la complexité de ce vin, des arômes de fleurs blanche, d’aubépine et d’acacia sont présents, on perçoit des notes d’agrumes et des notes minérales avec le silex. » C’est « un vin de garde, sans hésitation il pourra attendre au moins 5 ans en cave ». Le Rully blanc joue des mêmes cartes florales et minérales, avec « un très beau gras » ; on le sert à 13 °C.

Les amateurs de rouge de table retrouveront le Haut-Médoc, au nez de cassis et de groseille, ou le Chiroubles, « une véritable gourmandise ! », pour une dinde simplement rôtie. Un blanc ou un rouge, l’essentiel est que le vin accompagne la chair délicate sans la couvrir de tanins.

Servir le vin de la dinde

Les rouges bourguignons se servent à 16 °C, le Chiroubles plus frais. Les blancs du Jura demandent entre 11 et 13 °C, ce qui évite d’écraser leurs notes de noix.

Autour de la dinde

Le poulet est plus simple, le canard plus gras. Voir aussi la rubrique volaille et le guide des accords mets et vins. Les vignobles : Jura, Bourgogne rouge et Loire, avec les millésimes du Jura.