Vins Rouges de Faugères
Peu de vignobles du Languedoc ont une signature aussi nette que Faugères. « Les vins de Faugères font très certainement partie des grands vins du Languedoc », et le vignoble, niché tout près de la Montagne Noire, au nord du département de l’Hérault, donne des vins excellents et très fins. L’appellation Faugères existe en trois couleurs ; cette page s’attache au rouge, le plus connu, celui qui supporte très bien la garde et qui impose sa matière sur les tables d’hiver.
Grenat foncé, garrigue et réglisse
Le Faugères rouge est très complet : sa robe est grenat foncé aux reflets violets dans sa jeunesse. Le nez est superbe, il s’ouvre sur des arômes primaires de fruits rouges et noirs mûrs, comme la framboise et la groseille ; le deuxième nez révèle des notes grillées comme le café, épicées, et de garrigue, d’encens, de poivre noir, de thym. En évoluant, le nez s’ouvre sur des notes de venaison, de boîte à cigare, d’encens et de cuir.
La bouche se révèle par une attaque puissante, une matière dense, profonde et charnue. Les tanins sont présents, fermes par moment, mais nobles : ils ont du grain. La finale est longue, sur des notes de réglisse, de menthe poivrée et de fruits à l’eau-de-vie. Cette menthe et cette réglisse apportent au vin une fraîcheur que l’on n’attend pas toujours d’un terroir aussi chaud.
Un terroir de schiste sous un ciel sec
Le climat y est très sec, c’est un terroir chaud, et la présence dominante du schiste renforce cette sensation de chaleur. Ce sol maigre qui garde la chaleur du jour explique la concentration des raisins et la tenue des vins. Pour situer Faugères dans son ensemble, on peut parcourir la fiche du vignoble du Languedoc-Roussillon et celle de la région Languedoc, qui rappelle les sols de schistes, de marnes, de calcaires et de molasses de l’ensemble.
Parmi les cépages noirs de l’appellation figurent la syrah, le grenache noir, le mourvèdre et le lledoner pelut. La syrah et le mourvèdre donnent aux rouges structure, couleur et notes épicées ; le grenache arrondit l’ensemble.
Le Languedoc est une terre de vin depuis longtemps : « La culture “vin” dans le Languedoc est très forte. Elle trouve ses origines dans les colonisations grecques et romaines du début de notre ère. » Les vins de renom ne manquent pas, et la base cite côte à côte le Fitou, Faugères, les Corbières et Saint-Chinian. Dans cette région où les vins de pays sont très nombreux, Faugères se reconnaît à un détail précis : un sol de schiste, un nez de garrigue et une garde que l’on peut programmer.
Le Faugères rouge et ses cousins
La fiche du vin Faugères rouge rassemble sa description, et la page que manger avec un Faugères rouge les plats que la base lui associe. L’appellation compte aussi un Faugères rosé, friandise de charcuteries et d’apéritif, et un Faugères blanc qui, dit la base, « est moins connu, il subit un peu la notoriété du rouge ». Le travail remarquable du Domaine Jean Michel Alquier est cité parmi les références de l’appellation.
Attendre cinq ans, servir à 16 °C
« C’est un vin qui mérite d’être attendu en cave au moins 5 ans » : le vin de garde y gagne une finale plus ronde et ces notes de cuir et de venaison qui font le charme des bouteilles évoluées. Sa température de service est de 16 °C : plus chaud, l’alcool et la chaleur du schiste prennent le dessus ; plus frais, les tanins se resserrent. Avec le temps, le vin quitte sa jeunesse violette pour des teintes plus évoluées, et le nez de fruits frais laisse place aux odeurs animales, au cigare et au cuir que la base décrit : c’est un Faugères d’automne, pour les plats de saison.
À table : gibiers, daubes et viandes grillées
La base le dit simplement : « On le boira volontiers sur des gibiers rôtis ou en daube. » Autour de cette phrase, les accords classés en tête par Vin-Vigne dessinent une cuisine de viande, de sauces et d’épices.
Côté viandes rouges poêlées et grillées, le steak au poivre répond à la finale poivrée du vin, et les côtes d’agneau maréchale mettent en valeur sa matière charnue. Les rôtis demandent plus de patience : le rôti de bœuf s’accorde sans effort avec ce vin dense, et la page consacrée au bœuf comme celle de l’agneau détaillent les cuissons.
Les mijotés et les daubes sont la vocation du vin : le bœuf à la bière, le bœuf à la hongroise et la soupe épaisse de goulasch trouvent dans ses épices et sa garrigue des échos directs. Pour la cuisine plus relevée, le bœuf à l’indienne ou le colombo de porc s’accommodent de ce rouge à la finale poivrée.
Dans les volailles et les viandes blanches, le poulet à l’estragon rôti, le confit d’oie aux pommes sarladaises et la côte de veau fermier du Lauragais aux truffes et à la châtaigne tiennent leur place. Les champignons ne sont pas oubliés : les cèpes marinés à l’huile d’olive ouvrent bien un repas, et l’aligot de l’Aubrac accompagne une pièce de viande avec une rondeur de purée qui adoucit les tanins.
Composer un repas autour d’un Faugères
Un repas construit autour du vin gagne à suivre son rythme. En entrée, les cèpes marinés ou une assiette de charcuterie préparent le palais sans l’écraser. Le plat principal peut être un rôti de bœuf ou une daube, avec un légume qui absorbe le jus : l’aligot, une purée, des pommes sarladaises. Pour finir, une pièce de fromage à pâte pressée, plutôt que très fermentée, laisse le fruit du vin s’exprimer jusqu’au bout.
L’accord se règle sur trois traits du vin. Sa matière charnue réclame des viandes qui ont du jus et du gras : un morceau maigre sèche les tanins. Sa finale de réglisse et de menthe poivrée s’entend bien avec le poivre ou les herbes de la garrigue : thym, romarin, laurier, ail. Enfin, sa chaleur d’alcool appelle des sauces plutôt réduites que crémeuses.
Dans l’assiette d’un gibier rôti, la base prévoit l’accord avec « des gibiers rôtis ou en daube » ; cela vaut aussi pour des viandes de chasse plus simples, comme le lapin ou le sanglier, quand le jus reste concentré. Un Faugères jeune demandera une carafe ouverte une heure avant le service, un vieux demandera surtout de la patience et un verre assez large.
Millésimes et appellations voisines
Les millésimes du Languedoc-Roussillon aident à choisir l’année d’une bouteille à attendre. Le voisin le plus proche est Saint-Chinian, lui aussi bâti sur le schiste ; on peut ensuite explorer le Minervois ou les Corbières. L’ensemble des rouges de la région est regroupé dans la page des vins rouges du Languedoc, et les règles de base des accords mets-vins donnent le cadre général des choix de table.