Vins Rouges de Mercurey
Avec Givry, le vignoble de Mercurey est l’un des plus importants de la Côte Chalonnaise, mais aussi de Bourgogne. Les vignes qui offrent les résultats les plus qualitatifs sont situées à une altitude de 260 mètres, sur des coteaux où se trouvent les premiers crus. Ce sont, selon la description, « des vins qualitatifs et aux caractères bien trempés ». La carte de la Côte Chalonnaise permet de les situer.
Le rouge reste la couleur de cette page : il vient du pinot noir, il se goûte avec une robe profonde et un nez de cerise, et il se range volontiers à côté d’une volaille rôtie.
Pinot noir sur les coteaux de 260 mètres
Les cépages sont ceux de Bourgogne : le pinot noir pour le rouge et le chardonnay pour le blanc. Pour comprendre la place de Mercurey dans le paysage, la page du vignoble de Bourgogne rappelle que le pinot noir y a remplacé le gamay pour « le plus grand bonheur des sujets de Bourgogne ». À Mercurey, les premiers climats occupent ces coteaux, et les rouges comme les blancs y sont possibles.
Cerise, épices et tanins qui patientent
« Le vin mercurey rouge présente une robe profonde, rouge. Au nez, on perçoit des arômes primaires de fruits rouges avec netteté, comme la framboise et surtout la cerise ; le deuxième nez exhale des notes fines d’épices. » La bouche prolonge cette droiture : « c’est un vin droit, très bien structuré, la matière est dense avec du grain, les tanins sont fermes mais permettront au vin de patienter en cave pour qu’il puisse offrir le meilleur de lui-même. »
Des tanins fermes, une matière avec du grain : on comprend que Mercurey soit un rouge de table plutôt qu’un rouge d’apéritif.
Placé à côté de Givry, dont la bouche est décrite comme complète, avec une attaque souple, Mercurey se montre plus droit et plus serré. Comparer les deux appellations donne une idée assez nette de ce que la Côte Chalonnaise sait faire en rouge, entre le fruit gourmand de l’une et la structure de l’autre.
Les climats : du Clos du Roy aux Puillets
« Voici quelques noms des premiers crus les plus connus : Le Clos du Roy, Clos l’Évêque, Sazenay, Les Puillets, Les Montaigus, Les Naugues, Les Velley, Les Saumonts. » Plusieurs figurent parmi les vins rouges de la base : le Clos du Roy, le Clos l’Évêque, Les Puillets, Clos des Myglands, Clos des Barraults et Les Croichots.
Pour comparer avant d’acheter, commencez par le Mercurey rouge communal, dont les accords sont détaillés, puis passez au Mercurey premier cru. Les Clos Voyens et Clos Tonnerre ajoutent de la variété.
La liste des rouges de la base s’étend à Clos de Paradis, Clos Marcilly, Grand Clos Fortoul, La Chassière et La Levrière. Sazenay, Les Montaigus, Les Naugues, Les Velley et Les Saumonts, cités par la description, complètent le tour. Chaque climat a sa fiche d’accords, et rien ne remplace la comparaison, bouteille en main, de deux premiers crus du même millésime. Le mot « clos », qui revient souvent dans la liste, désigne en Bourgogne une vigne entourée de murs : le Clos du Roy, le Clos l’Évêque ou le Clos des Myglands portent ainsi, dans leur nom même, la trace d’un parcellaire ancien.
Garder dix ans et servir à 16 °C
Sur la durée, la description est prudente : « Sur certains premiers crus les capacités de garde peuvent dépasser les 10 années. » Le reste de la production se boit plus tôt. Pour le service, « on le boit à 16°C sur des volailles rôties » : c’est la température de service de référence, qui laisse au fruit de la cerise l’espace de s’exprimer sans accentuer l’alcool.
En pratique, un Mercurey communal se boit dans les premières années, sur un plat de volaille, tandis que les premiers crus les mieux construits méritent d’attendre : leurs tanins fermes et leur matière dense, « avec du grain », ont le temps de se fondre. Dans les deux cas, le service à 16 °C reste le bon réglage, et un rouge trop chaud masquerait la netteté de la cerise.
À table : volailles rôties, agneau et abats
La volaille rôtie reste l’accord de base, et la page volaille en donne les déclinaisons. Mais la base d’accords classe en tête une série de plats d’agneau : l’épaule d’agneau aux herbes de Provence, rôtie, et l’épaule d’agneau farcie aux herbes provençales, farcie. Le détail des cuissons se trouve sur la page agneau.
La cuisson oriente le choix du climat. Rôtie, l’épaule d’agneau a une chair fondante et des sucs qui appellent un premier cru à la matière dense ; farcie aux herbes, elle ajoute une note aromatique que l’on retrouvera dans les épices fines du second nez. Une volaille rôtie, plus discrète, laisse davantage de place au fruit, et un Mercurey communal suffit alors.
Les abats forment un chapitre à part : les rognons de bœuf aux coulemelles, les rognons de lapin sauce moutarde et les rognons sautés sont tous recommandés par la base. La sauce moutarde réclame un rouge ferme, et c’est ce que Mercurey sait faire.
Autour des champignons, les nouilles aux bolets et les pâtes farcies aux champignons offrent une cuisine du quotidien qui réussit au vin. Pour une table plus festive, l’oie aux figues montre que le fruit cuit va bien au rouge. Plus inattendu, le Fleischkiechla d’Alsace figure aussi parmi les accords classés.
Un détail de service : un rognon, par sa saveur marquée, supporte mal un vin trop léger, et c’est là qu’un rouge droit et structuré comme celui-ci prend toute sa mesure. Les règles de base des accords mets-vins aident à vérifier le choix selon la sauce et la cuisson.
Voisins et millésimes
Mercurey ne se choisit jamais sans l’année : voyez les millésimes de Bourgogne. L’appellation Mercurey a sa fiche, et Givry reste l’autre grande appellation de la Côte Chalonnaise. Pour élargir, parcourez les vins rouges de Bourgogne.
Pour un budget plus serré, la page Bourgogne à petit prix propose des pistes de la région, et le Mercurey communal y trouve naturellement sa place avant d’envisager un premier cru. Les rouges de la Côte Chalonnaise se comparent volontiers entre eux, et deux bouteilles ouvertes le même soir, l’une de Mercurey, l’autre de Givry, suffisent à comprendre la différence de style.