Côtes de Provence : vin rosé
Entre Nice et Marseille, les vignes des Côtes de Provence forment l’une des grandes surfaces rosées de France. La fiche de l’appellation précise que « la production de rosé domine » et qu’elle regroupe « des dénominations géographiques précises qui correspondent à des terroirs et donc à des vins différents ». Ce rosé a fait la réputation du vignoble : son nez, lit-on, « est délicat et a conquis la France ».
Du pétale de rose au saumon soutenu
Le Côtes de Provence rosé « peut présenter des teintes différentes allant du pétale de rose, au saumon soutenu ». Le nez offre « des notes distinctes et nettes de fruits rouges, groseille, framboise, et fruits noirs, cassis, mûre », avec « une belle présence des arômes épicés avec le thym, le laurier et la garrigue, des notes végétales nobles avec l’anis et le fenouil, pointe d’écorce de pin et de notes minérales ». En bouche, « il est tout en finesse, avec une matière généreuse à la structure fine, très bel équilibre ».
Assemblages provençaux et sols variés
Les cépages noirs de l’appellation sont le grenache, le cinsault, la syrah et le mourvèdre. Le vignoble de Provence-Corse y joue sur un climat méditerranéen et sur des sols de schistes, de grès, de calcaires, de marno-calcaires, d’argilo-sableux et de granites. La région Provence est décrite par ses lavandes, ses pinèdes, ses oliviers et ses vignes, et ses vins, « qu’ils soient rosés, rouges ou blancs, respirent la Provence à plein nez ».
Chaque cépage a sa fiche. Le grenache « fournit la base des rouges méridionaux et de certains rosés » ; ses vins sont « denses, charnus avec une large palette aromatique », et résistent bien à la sécheresse. Le cinsault est « très utilisé pour l’élaboration des vins rosés » : il « apporte peu de coloration, des arômes fins et une structure tannique faible ». La syrah « apporte une couleur profonde et une très bonne structure tannique ». Le mourvèdre, enfin, est « fragile et délicat, faible acidité mais donne une très bonne structure tannique ». Le tibouren, cépage « typiquement provençal », est utilisé pour l’élaboration des rosés car il donne « des vins clairs ».
Quatre fiches à comparer
L’appellation « peut être suivie des dénominations Sainte Victoire, La Londe et Fréjus, ces dernières réservées uniquement pour les vins rouges et rosés ». Le catalogue Vin-Vigne en tire quatre rosés : le Côtes de Provence rosé (accords), le Sainte-Victoire rosé (accords), le La Londe rosé (accords) et le Fréjus rosé (accords). Les trois dénominations sont des terroirs à part entière : on les essaie côte à côte, avec le rosé d’appellation simple pour référence. La Sainte-Victoire emprunte son nom à la montagne que la fiche régionale place parmi les décors de la Provence, avec les champs de lavande, les pinèdes et les oliviers. Les plus belles propriétés ont aussi leur classement, présenté sur la page des crus classés des Côtes de Provence. Le lexique décrit le classement des crus classés des Côtes de Provence comme « un classement officiel des vins de Provence, créé en 1955, [où] 23 sont classés dont 18 portant la mention cru classé » ; les châteaux Minuty, Rimauresq et de l’Aumérade y figurent, ainsi que Sainte-Roseline.
À boire jeune, à 10 °C
« Ce sont généralement des rosés élaborés pour être bus dans leur jeunesse. Certains sont taillés pour la garde. » La température de service est de 10 °C. Un verre à vin rosé à la cheminée assez large convient à ce nez complexe. Le vin sec, au sens du lexique, est « un vin ne possédant aucun sucres résiduels » ; quant à la fraîcheur, elle « se dit d’un vin nous faisant éprouver une sensation de fraîcheur », due généralement « aux acides, aux arômes de menthe ou bien aux effets des bulles ». Les rosés des Côtes de Provence en offrent une version à la provençale, avec l’anis et le fenouil du nez, qui apportent leur propre sensation de fraîcheur. Les rosés « taillés pour la garde » restent l’exception.
Tomates, pâtes et poissons du Sud
La fiche annonce : « il peut s’accorder avec des viandes blanches, des grillades de poissons, des fromages ». Pour ces derniers, la page fromage de chèvre est un bon début, et le guide des poissons détaille les grillades. La base y ajoute une longue liste de plats méditerranéens, classés en tête de sélection. Les tomates et les poivrons d’abord : le gratin de tomates mozzarella, la tourte à la tomate, la tarte aux trois poivrons et le toast à l’italienne. Le guide des accords avec la ratatouille et celui des légumes prolongent la liste, tout comme la penne à la ratatouille et le risotto à la provençale.
Côté pâtes, les ravioles de Romans, les pâtes à la napolitaine et les spaghetti à la vongole sont régulièrement associés à ce rosé : voir les ravioles de Romans, les pâtes à la napolitaine et les spaghetti à la vongole. La pizza trouve ici deux recettes : la pizza marinara et la pissaladière.
Pour le poisson, on garde la salade niçoise, les filets de merlu d’Antin et les rouleaux de printemps aux crevettes. La charcuterie a sa place à l’apéritif avec le saucisson d’Arles et le pâté de porc au prisuttu ; la page charcuteries détaille les autres tranches. Reste la salade de boeuf au pesto, pour les amateurs de viandes froides.
Les voisins et les années
Pour des styles plus typés, le Bandol, « un grand vin rosé, riche et très fin » que l’on attend une ou deux années en cave, et la Palette, élevée en fûts, offrent des alternatives. La Provence est « le berceau antique de la viticulture française » : bien que réputée pour ses rosés, ses rouges et ses blancs « sont bien présents et excellents ». Les années s’apprécient dans les millésimes de Provence-Corse. Le guide des vins de Provence replace l’appellation dans son vignoble, et la rubrique des rosés de Provence réunit les autres styles.