Collioure rouge : vin du Roussillon
Framboise, groseille, cassis, mûre, myrtille, garrigue, vanille : le nez du Collioure rouge tient en une longue énumération, et c’est déjà tout un paysage. L’aire de l’appellation Collioure se situe sur la Côte Vermeille, dans le Roussillon. Elle peut exister en rouge, blanc et rosé, et la base résume son style en une phrase : « Ce sont des vins très qualitatifs et très typés “Roussillon”. » Ce texte est consacré au rouge, qui se lit d’abord par son fruit concentré, puis par ses épices et sa garrigue ; ses cépages noirs sont le grenache, la syrah, le mourvèdre et le carignan.
Grenat foncé, violet et vanille
Le Collioure rouge est un vin à la robe grenat foncé, profonde et aux reflets violets. Au nez, c’est un vin très dense, intense et profond, très fruité sur des notes de fruits rouges, framboise et groseille, de fruits noirs, cassis, mûre et myrtille, avec des notes épicées et de garrigues, des arômes de vanille : « c’est un nez qui allie finesse et fraîcheur ».
En bouche, l’attaque est franche, le milieu de bouche généreux et puissant mais très velouté, concentré en fruits. Les tanins sont distingués et fins, la finale longue sur des notes de fruits noirs. On trouve sa fiche détaillée sur la page du vin Collioure rouge, avec ses accords mets-vins.
Côte Vermeille, terrasses et schistes
« Comment ne pas évoquer la beauté des paysages des Pyrénées-Orientales ? Les vignes à Collioure et à Banyuls sont plantées sur des terrasses faisant face à la mer Méditerranée, c’est de toute beauté. » La base ajoute que le vignoble de cette zone bien particulière du Roussillon fut créé par les seigneurs de retour des croisades. Le climat est méditerranéen, les sols sont de schistes et de marnes. Depuis plus de quinze ans, le Roussillon connaît une véritable renaissance : des vignerons passionnés et talentueux, dont les domaines Clos des Fées, Gardiès, Gauby, Rectorie ou Coume del Mas, ont hissé ses vins au panthéon des grands vins de France.
Quatre cépages du Sud
Les cépages noirs de l’appellation sont le grenache noir, la syrah, le mourvèdre et le carignan. Ils s’épanouissent au bord de la Méditerranée, comme le rappelle la fiche du vignoble du Languedoc-Roussillon. Les vins blancs et rosés de Collioure sont très différents : le blanc, marqué par le grenache gris, aime les poissons à la plancha, et le rosé est « une véritable gourmandise ». Ils ont leurs fiches propres, Collioure blanc et Collioure rosé.
Cinq ans, dix ans, et une robe tuilée
« Ce vin peut supporter la garde plus de 5 ans voire 10 ans facilement, il offrira une belle robe tuilée et un nez musqué et épicé. » C’est un vin de garde au sens plein, qui change de couleur et de parfum avec l’âge. On le sert à 16 °C en carafe : un passage en carafe large aide les arômes à s’ouvrir, et la température de service de 16 °C garde les tanins fins.
Poulet à l’estragon, confit et viandes épicées
La base associe peu de plats rouges au Collioure, mais ils sont nets : des volailles, des viandes confites et des plats mijotés.
Du côté des volailles, le poulet à l’estragon rôti est le premier accord de la liste. Son pendant mixte, le duo de poulet et de bœuf à l’estragon, relie la volaille au bœuf sauté. L’estragon et les épices du vin ont des échos communs.
Le confit d’oie aux pommes sarladaises offre une autre voie : la matière grasse du confit trouve dans la fraîcheur et les fruits noirs du vin un bon contrepoint.
Parmi les viandes mijotées, l’osso bucco d’agneau, la galantine de bœuf et le cassoulet de bœuf font appel à une cuisine d’hiver, et le cari de bœuf sauté y ajoute des épices qui répondent à celles du vin. Pour les autres cuissons de l’agneau, la page quel vin boire avec de l’agneau détaille les autres cuissons.
Jeune ou évolué : deux façons de le boire
Jeune, le Collioure rouge vit sur son fruit : framboise, cassis, myrtille, avec une vanille discrète et un velouté de milieu de bouche. Il va alors volontiers avec les volailles rôties, un poulet à l’estragon ou un duo de viandes sautées, et se sert à 16 °C en carafe. Évolué, après cinq ou dix ans, il offre la robe tuilée et le nez musqué et épicé dont parle la base ; ses tanins fins se sont fondus. C’est le moment des plats mijotés et épicés, des confits, de l’agneau en sauce.
Ces deux profils répondent à une même question : que cherche-t-on dans le verre ? Un fruit et une fraîcheur qui allègent la table, ou un vin d’épices et de cuir qui la prolonge ? Dans les deux cas, le gigot et les autres pièces d’agneau conviennent, avec un plat plus simple pour le jeune et une cuisson plus profonde pour l’ancien.
Au verre, à la carafe, à table
La base demande de servir le Collioure rouge en carafe, et le lexique précise l’outil : une carafe large est « une carafe ayant une grande surface d’aération et généralement plate dans le fond », utilisée pour aérer un vin et non pour le décanter. Il s’agit donc d’un vin à ouvrir, pas d’un vin à filtrer ; on le verse avant de passer à table, et on le sert dans un verre assez large pour que la garrigue, la vanille et les fruits noirs trouvent leur place.
Pour choisir un plat qui ne figure pas dans la liste, il suffit de suivre les repères du vin : un fruit concentré, des épices douces et une matière veloutée. Les viandes rôties, les confits et les mijotés aux épices s’y reconnaissent ; les poissons et les plats très acides, beaucoup moins. Le blanc de Collioure, très marqué par le grenache gris, est fait pour la plancha et le grill ; le rouge cherche la chair et la sauce.
Voisin de Banyuls, cousin de Maury
Sur la même côte, Banyuls produit un rouge doux naturel, tandis que Collioure donne un rouge sec ; ce contraste explique pourquoi on associe l’un aux desserts chocolatés et l’autre à la viande. Le Maury est un autre voisin de la région, côté vin doux naturel : « Il ne peut être produit que sur quatre communes : Maury, Tautavel, Saint-Paul de Fenouillet et Rasiguères », et son rouge présente une robe sombre, avec un nez de fruits secs, de fruits à l’eau-de-vie, de cacao et de café. L’ensemble est regroupé dans la page des vins rouges du Roussillon, le guide des vins du Roussillon les situe, et les millésimes du Languedoc-Roussillon permettent de choisir l’année d’une bouteille.