Tavel : vin rosé
« Ce vin est considéré comme étant le plus grand rosé de France. En effet il n’est pas rare de le rencontrer dans les caves des plus grands restaurants. » Le Tavel n’a pas d’équivalent dans le vignoble du Rhône : « ce vignoble n’est dédié qu’au vin rosé ». Il se trouve dans le Rhône méridional, non loin d’Avignon et de Châteauneuf-du-Pape.
Son histoire est celle des régions pré-méditerranéennes : le vignoble a été planté par les Grecs, étendu par les Romains et maintenu par les Églises et Abbayes. Il fut « énormément apprécié par Philippe le Bel qui devint alors le premier promoteur de ce vin auprès de la cour pontificale basée alors en Avignon ».
Trois sols, un seul rosé
Trois types de terroir sont présents à Tavel : « la zone de lauses composée de calcaire blanc, la zone de galets sur la haute terrasse du Rhône, et la zone de pied de pente composée de cailloutis et de sable, présents parmi des argiles rouges et galets quartziques ». Le vin est élaboré « avec les cépages grenache, cinsault et syrah principalement ». La base cite aussi, pour l’appellation, le mourvèdre, la clairette rose, le bourboulenc et le piquepoul noir. Les cépages ont chacun leurs traits. Le grenache, qui représente 60 % de l’encépagement du vignoble méridional du Rhône, « donne des vins très riches en alcool mais avec une faible acidité ». Le cinsault, « très utilisé pour l’élaboration des vins rosés », apporte « peu de coloration, des arômes fins et une structure tannique faible » ; on le trouve à Tavel et dans les Côtes du Rhône. La syrah, « variété emblématique de la partie septentrionale des Côtes du Rhône », « apporte une couleur profonde et une très bonne structure tannique ». Quant à la clairette rose, « uniquement utilisée pour les rosés », elle est une variété de la clairette présente dans le Rhône.
Ce vignoble « a véritablement été façonné par la main de l’homme » : les Romains y ont fait « des travaux colossaux de défonçage, de plantation, et de construction de terrasses pour y accueillir des vignes ». Les vignes sont plantées sur les deux rives du fleuve, et le Rhône compte une « diversité de sols impressionnante ». Si la star du Rhône est « sans aucun doute le Châteauneuf-du-Pape », Tavel a conquis sa place par le rosé seul.
Rose framboise, puis amande fraîche
« Le vin Tavel présente une robe rose framboise, lumineuse et pure. Au nez on distingue avec beaucoup de netteté des notes de fruits rouges et d’amande fraîche ; le deuxième nez révèle des notes de réglisse et de fruits à noyau. En bouche, c’est un vin à l’attaque puissante et ferme, la matière est corsée mais enveloppée dans une très belle texture ronde et gourmande, le vin s’étale progressivement et longuement en bouche. » Ce portrait n’a rien de commun avec celui d’un rosé de soif : ici, la fermeté prime. La fiche à consulter est celle du Tavel, avec la page d’accords.
Trois ans, 10 °C
« C’est un très beau vin qui pourra se garder maximum 3 ans. » Sa température de service est de 10 °C. Le potentiel de garde du vin est, dit le lexique, « une des conclusions faisant partie de l’examen global » : on estime « le temps pendant lequel le vin pourra se garder jusqu’à sa maturité ». Pour ce rosé de matière, la fiche retient trois ans au maximum. Un verre à vin rosé, « à la cheminée assez large », convient à son nez de fruits rouges et d’amande fraîche.
À table : grillades, ragoûts et tians
La base le dit d’une phrase : « on le déguste idéalement sur des grillades ». Le filet de daurade grillé et légumes glacés et le thon rouge à la plancha en sont deux exemples ; la page poissons développe les cuissons.
Les plats classés en tête sont étonnamment végétaux, mais la liste se lit aussi par modes de cuisson : grillades, ragoûts, fours et poêlées. Les légumes d’abord : la friture de fleurs de courgette et la terrine de courgettes, puis le tian aux légumes, la ratatouille, le tian comtadin et le papeton d’aubergine. Le guide des légumes complète cette série.
Les poissons en ragoût arrivent ensuite, à commencer par la bouillabaisse et ses variantes, la bouillabaisse à la provençale et la bouillabaisse marseillaise. Le mérou à la provençale, cuit au four, et le catigot d’anguilles y répondent. La lotte offre plusieurs recettes aux assaisonnements divers : aux poivrons, au chorizo ou à la tahitienne, sans oublier le tajine de lotte et la lotte aux épices.
Du côté des viandes, le lapin domine : à la sauge, à la ratatouille ou à la tapenade. Le veau à la corse et la salade de boeuf au pesto complètent la liste, avec la page boeuf pour d’autres idées. Enfin, la pizza s’invite dans trois versions : marinara, tradizionale et pissaladière.
Les préparations aux œufs et les purées de poisson complètent la liste, avec des cuissons très différentes : le crespeou provençal, omelette en couches, l’œuf cocotte, cuit au four, l’ajoarriero de Galice, purée de morue, et le poupeton. À l’apéritif, le pâté de porc au prisuttu et la tapenade d’olive verte sont eux aussi classés.
Les voisins rhodaniens et les années
Tavel est la plus connue des appellations de rosé du Rhône, et la rubrique vins rosés du Rhône en dresse la liste. Les années sont commentées dans les millésimes du Rhône, et le guide des vins du Rhône replace l’appellation dans son vignoble. Pour comparer, la Palette offre un rosé de garde plus confidentiel, élevé en fûts, et le Bandol, « un grand vin rosé, riche et très fin », un rosé plus dense. Dans le Sud-Ouest, le Côtes du Marmandais est lui aussi un « rosé vineux, c’est-à-dire qui tire plus vers les caractères des vins rouges », comme le Tavel par sa matière corsée : la page rosés du Sud-Ouest détaille ce style, qui se boit au cours du repas plutôt qu’à l’apéritif.