Romanée-Conti : vin rouge de Bourgogne
« La réputation de ce vin n’est plus à faire ! Voici le vin le plus cher, le plus prestigieux du monde, celui auxquels les termes de légende et de rareté conviennent le mieux. » Romanée-Conti est à la fois un domaine et une appellation de Bourgogne : « un grand cru de Vosne-Romanée, village emblématique de la côte de nuits ». Cette appellation est le monopole du domaine de la Romanée-Conti de la famille Gaudin de Villaine. Légende et rareté vont de pair : l’appellation ne couvre que 1,60 hectare, et l’on goûte rarement ce vin. C’est pourquoi cette page s’attache autant au service et aux plats qu’au prestige, pour qui aura un jour la chance d’ouvrir une bouteille, ou d’y goûter chez un ami.
Des moines au prince de Conti
« Ce cru exceptionnel a été rapidement repéré par les moines de Saint-Vivant qui dépendaient de l’abbaye de Cluny. Très tôt, ils remarquèrent que les sols bruns calcaires fortement argileux fournissaient un vin d’une qualité exceptionnelle, hors du commun et tout à fait originale. Ils en furent propriétaires jusqu’en 1584. En 1760, Louis-François de Bourbon, Prince de Conti, en fit l’acquisition. Mais ce n’est qu’au moment de la Révolution que le nom de Conti fut adjoint à celui de Romanée. »
Le seul cépage est le pinot noir, et le terroir fait le reste : « Ce petit bijou de terroir ne dépasse pas les 1.60 hectares ! Il est entouré par les crus de Romanée-Saint-Vivant, La Tâche et la Grande Rue, mais ici c’est lui le roi. » Pour le cadre général, la page du vignoble de Bourgogne cite les domaines de la Romanée-Conti parmi ceux qui « produisent des vins hors du commun ».
Dans le verre : rose, violette, truffe
« Le vin romanée conti présente dans sa jeunesse une robe magnifique, rouge vif, brillant et profond. Au nez, c’est unique, une véritable merveille de complexité, de finesse et d’unicité. On perçoit des notes fines et délicates, de fleurs comme la rose, la violette, de délicates notes de fruits rouges et noirs ; s’associent à elles des touches épicées avec une finesse époustouflante. »
Avec l’âge, le vin change de registre : « En vieillissant, après au moins une dizaine d’années, Romanée-Conti s’ouvrira sur des notes de truffe, de bruyère, de musc et de cuir. » Ce sont de véritables arômes de sous-bois au sens du lexique, des arômes tertiaires et de vieillissement.
En bouche, « lorsqu’il est jeune, il est discret mais avec une matière d’une densité et une profondeur unique ! Les tanins sont fins et profonds confinés dans une enveloppe souple, suave et délicate tout en dentelle. Plus tard, cette dentelle, cette suavité, enchanteront le palais de l’heureux dégustateur, la longueur de ce vin pendant la durée de la dégustation ne se trouve nulle part ailleurs. La finale est mémorable à vie ! » Les tanins fins du lexique en donnent la définition : présents en bouche, mais avec distinction.
Une seule cuvée
Ici, pas de liste de climats : la fiche du Romanée-Conti est unique, et ses accords sont consultables. Pour explorer les grands crus voisins évoqués par la description, La Tâche est, selon la base, « le plus exceptionnel des grands crus de Vosne Romanée » aux yeux des grands amateurs, et Romanée-Saint-Vivant est son « prince », le « roi » étant Conti.
Servir : 16 °C, sans carafe
« On pourra le déguster à une température de 16°C, la carafe est fortement déconseillée. » La température de service est donc fixée, et l’on évite l’aération brutale, qui ne doit pas être confondue avec la décantation, destinée à séparer le vin de son dépôt. Un tel vin se goûte dans un verre qui lui laisse le temps de se déployer, bouchée après bouchée. Sur la table, la sobriété s’impose : une sauce courte, un gibier rôti ou une chair de volaille truffée suffisent, et les plats trop épicés ou trop sucrés n’ont pas leur place devant une bouteille qui parle d’abord par ses fleurs et ses tanins en dentelle.
Un plat royal : lièvre, truffe, foie gras
« Pour un vin royal il faut un plat royal comme des filets de levraut et truffes du Périgord. » La base d’accords classe en tête un répertoire de gibier et de truffe : le lièvre farci au foie gras et le civet de lièvre sont les premiers cités.
Pour la plume, le faisan aux truffes, le faisan farci au foie gras et à la truffe noire et le faisan farci aux marrons et aux cèpes proposent trois visages d’un même oiseau. Les perdrix braisées aux truffes, les perdreaux sur canapé et le pigeon farci au foie gras complètent la sélection, ainsi que l’oie aux truffes.
Le canard n’est pas oublié : le rôti de magret de canard au foie gras et le magret de canard aux morilles suivent la même logique de richesse. Dans le gibier à poil, la selle de chevreuil au foie gras et le cuissot de chevreuil aux cèpes sont classés. Côté viande rouge, les tournedos aux truffes et le tournedos au foie gras sont de la même veine. Enfin, les purs plats de champignons : ragoût de truffes et tartare de truffes disent l’affinité du vin avec la terre. Les pages canard et bœuf restent des repères pour des accords plus quotidiens.
Années d’anthologie et voisins
« Voici quelques années d’anthologie du Domaine de la Romanée-Conti : 1949, 1969, 1989, 1990, 1999, 2002, 2009. » Pour situer ces années dans leur contexte, la page des millésimes de Bourgogne est le point de départ, et celle consacrée au millésime 1961 du Domaine de la Romanée-Conti raconte une autre grande réussite.
Ces sept années couvrent soixante ans, de 1949 à 2009, et rappellent que ce vin se juge sur la durée : la description évoque une jeunesse discrète, puis, « après au moins une dizaine d’années », l’ouverture sur la truffe et le cuir. Rien d’étonnant, donc, à ce que les millésimes cités soient tous anciens ou déjà bien installés en cave.
Pour poursuivre, la page Romanée-Conti : grand cru de Bourgogne traite de l’autre facette du vin. Le voisin Vosne-Romanée est une appellation de rouges uniquement, à découvrir sur sa page, et l’appellation Romanée-Conti a sa fiche. Pour le reste de la région, parcourez les vins rouges de Bourgogne.