Vins rouges de Saint-Nicolas de Bourgueil
« Le paysage est superbe. » La phrase vient de la base Vin-Vigne et décrit bien Saint-Nicolas-de-Bourgueil : un vignoble de Touraine sur la rive droite de la Loire, dans l’Indre-et-Loire, fait de nombreux cours d’eau ponctués par des coteaux et les magnifiques châteaux de la Loire. Sa naissance remonte très certainement à l’époque gallo-romaine. « Sans hésitation on peut dire que Saint-Nicolas-de-Bourgueil fait partie des grands vins rouges de la Loire. »
Le cabernet franc est roi
« Le cépage cabernet franc est roi, il rentre à 100 % dans la composition des vins rouges et rosés », avec la possibilité d’ajouter 10 % de cabernet sauvignon. Deux natures de sols cohabitent et fournissent deux types de vins bien spécifiques. Au pied des coteaux, ce sont des sols de graves et de sables, d’argiles et de calcaire (le tuff), avec du silex ; sur les coteaux, c’est le calcaire qui domine. Le vignoble de la Loire est présenté dans la fiche Loire, celui de la Touraine dans la sienne.
La Touraine en donne le cadre : « Tout comme sa voisine d’Anjou-Saumur, la région viticole de Touraine offre des vins blancs et rouges d’une finesse et d’une élégance rare », et « Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil sont les étoiles des vins rouges de ce magnifique vignoble ». Le Val de Loire entier s’étend sur presque 1 000 kilomètres de la source à l’estuaire, et les vins qui y naissent connurent dès le Xe siècle un franc succès dans le royaume de France, mais aussi dans celui d’Angleterre.
Pourpre, cassis et myrtille
Le Saint-Nicolas-de-Bourgueil rouge issu des pieds de coteaux fournit un vin dense et bien plein : sa robe est pourpre, le nez est marqué par des notes de fruits rouges et noirs comme le cassis, la myrtille et la mûre, avec une incroyable fraîcheur. En bouche il présente une matière dense et charnue ; les tanins ont du grain, de la puissance, de la profondeur et de la finesse ; la finale est délicate et longue.
Les vins des coteaux suivent une autre ligne : « la minéralité, la fraîcheur et la souplesse dominent ». C’est cette dualité qui rend le choix d’une cuvée passionnant, plus encore que l’appellation elle-même. La fiche du Saint-Nicolas-de-Bourgueil rouge et ses accords détaillés complètent la description. Le rosé, rare mais agréable, est traité à part.
Quelques années pour s’arrondir
« Quelques années de garde sont nécessaires pour laisser à ce vin le temps de s’arrondir. Certaines cuvées, comme chez Yannick Amirault, pourront patienter plus de 10 ans. » Un bon vin de garde, donc, pour qui choisit la bonne cuvée. La température de service conseillée est comprise entre 14 et 16 °C ; la limite basse est un bon choix pour un vin jeune et frais. Passé par une carafe, il gagne en ampleur, mais ses fruits restent au premier plan : mieux vaut le servir sans excès de froid ni de chaleur, pour que la fraîcheur, signature de cette appellation, ne se perde pas.
Viandes poêlées, porc rôti et fromages
« On déguste ce vin sur des viandes rouges poêlées, mais aussi des viandes blanches ! » Cette réserve de la base surprend d’abord, puis se confirme dans le classement des plats : la liste de tête est dominée par le porc rôti, le lapin et, surtout, les fromages.
Parmi les viandes blanches rôties, la palette, le rôti de porc farci et le rôti de porc fermier de la Sarthe forment la famille la plus nette. Le râble de lapin braisé ajoute une cuisson plus fondante. La page sur la viande blanche et celle du veau détaillent ces cuissons ; pour la charcuterie, le pâté de Chartres convient en entrée.
Les fromages réservent la surprise. Les pâtes molles forment le gros de la liste : le livarot, le saint albray, le rouy, le rincette et sa version au calvados. On trouve aussi le rocher nantais, le machecoulais ou le roche fontaine dans la liste de tête. La page Accord vin et fromage explique le reste. D’autres pâtes molles complètent la série : l’oustal, le cosso vache-chèvre-brebis, le louvie juzon, le champ-sur-barse, le cendré de la Champagne, le cembro, les roucoulons, le roussot, le carré du Vinage et le coup de pied au cul, dont le nom fait sourire autant qu’il intrigue. Les Maîtres Comtois montrent que la liste dépasse largement la vallée de la Loire.
Pour une table plus classique, les viandes rouges poêlées citées par la base trouvent un vin dense et frais : les cuissons rapides, poêlées ou grillées, gardent le jus et le vin garde son fruit. La page du bœuf détaille ces cuissons, celle du veau montre la voie des viandes blanches. Entre les deux, le porc rôti reste le grand classique de cette appellation.
Lire la bouteille : pieds de coteaux ou coteaux
L’étiquette ne dit pas toujours d’où viennent les raisins, mais le verre le dit. Un vin de pieds de coteaux est dense et plein, à la robe pourpre ; un vin de coteaux est plus minéral, plus frais, plus souple. Le premier est du côté des viandes rouges poêlées, des rôtis de porc et des fromages affinés ; le second préfère les cuissons simples, le lapin braisé, la charcuterie et les fromages plus jeunes. Dans les deux cas, le cabernet franc apporte ces fruits noirs et cette « incroyable fraîcheur » que la base souligne.
La température de service suit le caractère du vin : 14 °C pour un vin jeune et vif, 16 °C quand il a gagné en rondeur. Le rosé, bien que rare, est tout à fait agréable ; sa robe est rose clair, son nez est marqué par les notes florales, sa bouche est fraîche, aromatique et très ronde, et on le sert à 10 °C, à l’apéritif ou sur des barbecues. Il n’a rien à voir avec le rouge, mais il montre l’étendue de l’appellation.
Il reste le plaisir de la visite. Les vignes de la Loire côtoient les châteaux, et la base le rappelle : les amateurs pourront admirer ces merveilles de l’architecture française tout en dégustant des vins de Loire. Un rouge de Saint-Nicolas-de-Bourgueil s’y accorde naturellement, que l’on soit à table ou en promenade, avec un verre assez ouvert pour laisser parler le cassis, la myrtille et la mûre.
Voisins de Touraine et d’Anjou
De l’autre côté de la Loire, Chinon offre le même cépage sur le tuffeau. Bourgueil, voisin direct, et Saumur-Champigny, en Anjou, complètent cette famille de cabernets francs. Le panorama des rouges de la Vallée de la Loire et les millésimes de la Loire permettent de choisir une bouteille.