Armagnac
L’armagnac est l’une des eaux-de-vie les plus populaires en France, fruit d’une distillation de vin produit au sein d’une aire géographique bien déterminée se trouvant dans les départements du Lot-et-Garonne, des Landes et du Gers. On distingue plusieurs appellations comme le bas-armagnac, le haut-armagnac, le ténarèze et l’armagnac blanc. Connu depuis le Moyen Age (la première occurrence remonte à 1310, dans un traité de médecine de Vital du Four qui présente les vertus thérapeutiques de l’eau-de-vie), l’armagnac est commercialisé de manière importante dès le XVIIe siècle. Le centre historique de l’armagnac se situe alors dans le Gers, autour des communes de Condom et Eauze. Avec l’arrivée de marchands hollandais, de grandes étendues de raisins blancs sont plantées dans le Sud-Ouest, qui servent à élaborer des vins blancs qui donnent par distillation l’armagnac. Le commerce de cette eau-de-vie raffinée connaît un succès considérable au XIXe siècle, avec de nouvelles techniques de production liées à l’amélioration des alambics. En 1872, Alphée Verdier met au point le système auquel il donne son nom, qui permet d’assurer une grande qualité de production. Les zones de fabrication autorisées pour l’armagnac sont définies en 1909, et les quatre grands types de cette eau-de-vie obtiennent la classification AOC en 1936.
Les différents armagnacs existants sont conçus par la distillation de vins blancs secs. Il existe plusieurs types de produits selon les appellations, avec des alcools dont le vieillissement en fût de chêne peut varier. Pour autant, tous les armagnacs affichent une teneur en alcool supérieure ou égale à 40 % de leur volume. La production d’armagnac passe tout d’abord par la réalisation d’un vin de chaudière, vinifié en blanc, qui est destiné à faire l’objet d’une distillation ultérieure. Pour cela, les raisins blancs sont récoltés, foulés et pressés pour obtenir un jus de raisin qui est mis à fermenter en cuve. Une fois la fermentation effectuée, le processus de distillation peut être mis en œuvre. Il consiste à chauffer le vin pour en récupérer l’alcool. Le procédé est réalisé au moyen de deux types d’alambics au choix. Le plus courant est l’alambic armagnacais qui permet une distillation simple, alors que l’alambic à repasse assure quant à lui une double distillation. L’eau-de-vie ainsi obtenue connaît enfin un vieillissement en barrique de chêne, qui lui donne sa coloration finale et tout son arôme.
En France, plus de 2000 hectares de vignes sont utilisés chaque année uniquement en vue de produire de l’armagnac. Le marché de cette eau-de-vie entraîne la conception de plus de 18000 hectolitres d’alcool, commercialisés tant en France qu’à l’étranger. En comptant les viticulteurs, les distillateurs et les négociants, près de 900 personnes travaillent en France dans la filière de l’armagnac. De nombreuses marques réputées se partagent ce marché lucratif, en proposant un armagnac haut de gamme à leurs clients. Parmi les principales marques, on peut évoquer l’armagnac Ducastaing qui appartient au groupe La Martiniquaise situé à Charenton-le-Pont, la Cave des Producteurs Réunis basée dans le village gascon de Nogaro et la Société des Armagnacs Sempé, qui possèdent à elles trois près de 50 % du marché français.