Champagnes rosés

Parmi tous les rosés de France, le champagne rosé a un privilège que nul autre ne partage : c’est le seul vin rosé de France pouvant être élaboré par assemblage de vin blanc et de vin rouge. Le vignoble de Champagne, avec ceux de Bordeaux et de Bourgogne, est l’un des piliers de la viticulture française, et l’on y lit que « depuis plus de dix ans, le champagne rosé fait une percée remarquable ». Le champagne reste le roi des vins mousseux ; sa version rosée y ajoute la couleur, les fruits rouges et une fraîcheur de fête.

Rose pâle, reflets dorés

La robe est « rose pâle, éclatante, composée de reflets dorés, la bulle est élégante et fine, sa mousse est crémeuse et onctueuse ». Les amateurs regardent d’abord la bulle : selon la fiche du lexique, les bulles fines sont plus recherchées que les autres, et la mousse s’apprécie dense, aérienne ou légère.

Au nez, « c’est une véritable gourmandise, tout en finesse, sur des notes de fruits rouges, framboise, groseille, fraise des bois, auxquelles se conjuguent à merveille des notes d’agrumes, qui donnent une touche de fraîcheur nécessaire ». La bouche est « vive et délicate, onctueuse et caressante, portée par une bulle très bien intégrée et des arômes de fruits rouges qui tiennent en finale ». Le contraste avec un brut sans année tient là : celui-ci s’habille d’or paille, de pomme, de pêche et de pain grillé, quand le rosé penche franchement vers le panier de petits fruits.

Assemblage ou saignée

La couleur se fabrique de deux façons, et chacune imprime sa marque. L’assemblage ajoute au vin de base une part de vin rouge de la région. La saignée, technique de vinification qui élabore un vin rosé « par écoulement d’une partie du jus après quelque temps de macération », donne la teinte aux raisins rouges eux-mêmes. Les deux méthodes mènent à des styles différents : le catalogue Vin-Vigne permet de les comparer d’une maison à l’autre, à la même table et dans le même verre.

Les raisins rouges sont ici le pinot noir et le meunier, auxquels s’ajoute le chardonnay dans les assemblages. Ils poussent sous un climat tempéré-océanique à influence continentale, sur des sols calcaires et marneux. La base rappelle aussi que « les cuvées de l’année, issues de différents cépages et parcelles sont assemblées entre elles et peuvent être aussi complétées par des vins des années antérieures appelés vins de réserve » : c’est le principe du champagne brut sans année, qui représente le « goût » d’une maison. On trouve aussi des champagnes millésimés, « d’assemblages de différents cépages pouvant provenir des parcelles classées en premiers crus et en grands crus, mais uniquement de l’année de la récolte ».

Chaque cépage joue sa partition. Le meunier, qui se plaît sur les sols argileux de la vallée de la Marne, « apporte du fruit et de la rondeur au vin ». Le pinot noir, qui se plaît sur les sols à substrat de calcaire, y développe pleinement son potentiel aromatique. Le chardonnay, enfin, donne en Champagne « des champagnes fins, élégants aux arômes très fins d’anis et d’agrumes » ; il aime les terrains calcaires et crayeux, et représente 28 % de l’encépagement total. Le champagne rosé, dit le lexique, est « élaboré par mélange de vin rouge et vin blanc (unique en France) mais il peut aussi être élaboré par saignée ».

La cuvée du catalogue

Le catalogue Vin-Vigne recense plusieurs champagnes rosés de maisons et de vignerons. Leur fiche commune, le champagne rosé, a sa page d’accords. Pour les dosages, le lexique distingue notamment le champagne extra-brut, qui contient jusqu’à 6 g de sucre par litre, du brut nature, auquel aucune liqueur de dosage n’a été ajoutée.

Pour une découverte à petit budget, la sélection petit prix champagne donne quelques pistes, tandis que la rubrique vins prestigieux réunit les grandes maisons et les cuvées de collection. Les amateurs de culture raisonnée iront voir du côté du champagne bio.

Frais, et plutôt dans sa jeunesse

La fiche de l’appellation est nette : le rosé « doit être dégusté frais à 8 °C comme le brut classique, on le boira dans les deux ans ». Le brut sans année, qui se boit le plus frais de tous les champagnes, « est excellent en apéritif car il ouvre vraiment l’appétit, c’est un vin de fête », et peut se garder au maximum cinq ans en cave. Le rosé, lui, se garde moins : sa couleur et ses fruits rouges se goûtent mieux jeunes. Comme tout vin effervescent, il possède « un dégagement gazeux plus ou moins important » ; si la bouteille n’est pas finie, le bouchon conservateur « s’agrippe sous la collerette » et fait prisonnier le gaz de la bouteille. La température de service varie selon la couleur, l’année et la provenance du vin, et le verre à vin rosé est décrit comme un verre « à la cheminée assez large ».

À l’apéritif, au dessert et après

La fiche le dit avec humour : « cela peut être un champagne d’apéritif, de desserts, ou bien d’après repas, voire même comme compagnon de nuit, niché dans un seau à glace tout près du lit ». La page accords vin et apéritif offre un premier terrain de jeu, et la base associe surtout ce rosé à des desserts, classés en tête de sélection.

Côté chocolat, deux gâteaux de fête lui vont bien : la forêt noire aux fraises, où les fraises rejoignent les fruits rouges du verre, et le gâteau de fête au chocolat. Pour les autres associations avec le cacao, la page gâteau au chocolat passe en revue les vins doux naturels et les liquoreux.

Côté fruits, la bûche aux fruits rouges reprend la framboise et la groseille du nez. À Reims, enfin, le pain perdu aux biscuits roses de Reims joue la carte de la région : un dessert tiède, croustillant de sucre, que la bulle fine et l’acidité du rosé remettent d’aplomb. L’ensemble des desserts est détaillé dans le guide que boire avec votre dessert.

Millésimes et autres rosés

Les années de la région sont commentées sur la page millésimes de Champagne, et le guide du champagne rassemble les repères sur les maisons, les cuvées et les dosages. Hors Champagne, la Bourgogne produit des rosés à l’appellation Marsannay rosé, et le Bordelais un crémant de Bordeaux rosé. La rubrique vins rosés ouvre ensuite sur tous les autres vignobles, de Provence à Tavel.