Vins rosés du Roussillon

« Une véritable gourmandise » : c’est ainsi que la fiche de Collioure décrit son rosé, et la formule vaut pour une bonne partie des rosés du Roussillon. Sur ce vignoble du Languedoc-Roussillon, créé par les Grecs et les Romains « dans la continuité de celui de Provence », on découvre « des vins somptueux élaborés grâce à des vignerons de talents ». Le rosé y vit à l’ombre des vins doux naturels, qui ont fait la réputation de la région, mais il a ses adresses.

Du Côtes du Roussillon à Collioure

La plus accessible est la Côtes du Roussillon, « un bon compromis » qui « permet à l’amateur de pénétrer facilement dans le vignoble et de se familiariser avec les cépages, les styles des vins et les terroirs ». Son rosé « offre une robe rose saumon pâle, le nez est sur les petits fruits rouges délicats et de bonbon anglais. En bouche, le vin est rond, plein et généreux avec une vivacité présente, mais ce sont des rosés plus sur la puissance, mais encore une fois pas lourd ». On l’aimera, précise la fiche, « à l’apéritif ou sur des charcuteries », servi à 11 °C. Les fiches de référence sont le Côtes du Roussillon rosé (accords) et le Côtes du Roussillon nouveau ou primeur rosé (accords).

Un cran au-dessus, le Côtes du Roussillon Villages ajoute un rosé « fin mais puissant, aux notes de fruits rouges et légèrement épicées, la bouche est bien constituée ». La fiche précise qu’on sera heureux de le goûter sur une paella, servi à 10 °C. Trois masses d’eau forment le micro-climat de cette appellation : les rivières du Têt et de l’Agly, et l’étang de Salses.

Plus près de la mer, sur la Côte Vermeille, le Collioure « peut exister en rouge, blanc et rosé », avec des vins « très qualitatifs et très typés Roussillon ». Son rosé a « une robe rose saumon pâle, très brillante. Le nez est sur les fruits rouges, groseille, fraise des bois. La bouche est délicate, la matière est celle d’un rosé vineux très fruité avec une acidité rafraîchissante ». Voir la fiche du Collioure rosé et ses accords, ou la page Collioure pour le rouge.

Dans la catégorie des doux, la base propose enfin un Banyuls rosé et un Grand Roussillon rosé, qui n’ont rien de commun avec les rosés secs ci-dessus. Les amateurs de ces cuvées iront voir la page Banyuls ou celle du Grand Roussillon.

Grenache, syrah et galets

« Les cépages grenache et syrah sont bien représentés et offrent des vins typés », lit-on à propos du vignoble. Les rouges de la région comprennent le grenache, le mourvèdre, la syrah, le carignan et le cinsault. Les sols sont des argilo-calcaires, des sables fauves, des galets, des argiles et des calcaires gréseux, sous un climat tempéré-océanique et semi-continental. Le Languedoc voisin ajoute des schistes, des marnes et des molasses.

Le grenache, présent « depuis très longtemps dans les régions du Languedoc et du Roussillon », est « très résistant à la sécheresse » et, dans le Roussillon, « utilisé tant pour les vins secs que pour les VDN ». Le carignan est un « cépage robuste, tardif », qui « supporte bien la sécheresse et le vent fort » : plus les ceps sont âgés, plus il donne des vins aux tannins fins. Le mourvèdre « n’a pas besoin de beaucoup d’eau » et la syrah apporte « une couleur profonde et une très bonne structure tannique ». Le vignoble du Languedoc-Roussillon est « un des plus grands de France, avec une superficie de plus de 245 000 hectares plantés de vignes », et le Roussillon possède « un très beau patrimoine viticole surtout en ce qui concerne les vins doux naturels comme à Maury et à Banyuls ».

Frais et jeune, entre 10 et 11 °C

Côtes du Roussillon : 11 °C. Villages et Collioure : 10 °C. Ce dernier doit être bu « dans sa jeunesse », dit la fiche. La température de service change avec la couleur, l’année et la provenance du vin ; un verre à vin rosé accompagne bien ces fruits rouges. La fraîcheur du Collioure, que la fiche attribue à son « acidité rafraîchissante », se mesure ici autant que la rondeur du Côtes du Roussillon, « rond, plein et généreux », qui vise plutôt « sur la puissance mais encore une fois pas lourd ».

Apéritif, charcuterie et barbecue d’été

Le Collioure rosé est « idéal à l’apéritif ou sur un barbecue de fin de journée d’été », et le Côtes du Roussillon se laisse aimer sur la charcuterie : voyez les pages apéritif et charcuteries. Dans la base, le pâté au genièvre et la tapenade au thon sont accordés aux rosés de l’appellation, tout comme les olives de Nîmes pour Collioure.

La table du quotidien est aussi à leur portée. Avec les pâtes, on retiendra les pâtes alla genovese, les pâtes à la féta et les coquillettes au thon ; avec la polenta, la polenta à la sauce tomate ou aux olives. Les légumes, tomates à la provençale, fonds d’artichauts farcis au thon et haricots verts aux lardons, sont tous classés en tête. Le guide des légumes en propose d’autres.

Le Collioure rosé, plus vineux, ouvre des portes plus carnées : la base classe en tête, parmi les plats accordés à ses rosés comme à ses rouges, le duo de poulet et de boeuf à l’estragon et le cari de boeuf sauté, deux sautés, puis la galantine de boeuf et le cassoulet de boeuf. Pour les mezzés, le berghol bi dfini est le premier plat de sa liste, et les olives de Nîmes ne sont jamais loin à l’apéritif.

Côté poissons, le merlan aux tomate et basilic et le poisson à la moutarde sont retenus. La paella, mentionnée par la fiche du Villages, existe en plusieurs versions : de poulet, rapide ou en tapas.

Les années et les voisins

Les années se lisent dans les millésimes du Languedoc-Roussillon, et le guide du Roussillon détaille l’ensemble du vignoble. Pour une autre lecture du rosé sec, la rubrique des rosés de Provence présente la région voisine, et le Tavel, rosé de grillades à la matière corsée, un style plus ferme.