Vins rosés du Sud-Ouest

Henri IV serait le saint patron des vins du Sud-Ouest, dit la fiche du vignoble, tant il a marqué la région par sa bonhommie et son caractère « bon vivant ». On y connaît d’abord Bergerac, Madiran, Cahors et Jurançon ; mais le Gaillac, les Côtes du Marmandais, l’Irouléguy et le Fronton « font petit à petit leur trou ». Sous un climat tempéré-océanique et semi-continental, sur des argilo-calcaires, des sables fauves et des galets, les rosés suivent la palette des cépages : merlot à Duras, négrette et syrah à Fronton, fer servadou à Marcillac.

La négrette est un « cépage du Sud-Ouest (Fronton) essentiellement », qui se plaît sur les sols argilo-sableux. Le fer servadou, « typique du Sud-Ouest », serait originaire du Pays Basque et aurait été ramené par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle ; il est surtout présent à Gaillac. Le merlot, lui, « s’adapte très bien aux différents sols » et se retrouve ici comme à Bordeaux. Le Sud-Ouest est aussi, rappelle la fiche, « le pays du foie gras, du cassoulet et du pot-au-feu » : voyez le cassoulet.

Bergerac et Duras, les rosés de l’apéritif

Dans le Bergerac, « le rosé quant à lui nous offre une originalité étonnante. Sa robe rosée n’est pas intense, il tire même vers le gris ! » Le lexique définit le vin gris comme « un vin rouge très pâle aux reflets gris », mais le Bergerac reste ici un rosé. « Au nez, on se laisse surprendre par des arômes gourmands de fruits rouges comme la framboise et de fruits noirs, le cassis, des arômes floraux et de grenadines ». La bouche est « tout aussi gourmande que le nez, rondeur, fruité et suavité » : un très bon rosé « pour l’apéritif ou sur des charcuteries », à servir frais, à 12 °C. Fiche : Bergerac rosé (accords).

Sur les coteaux de la rivière Dropt, le Côtes de Duras est « une petite gourmandise » : « le merlot est utilisé, c’est un vin aux arômes de fruits rouges, groseille et framboise et à la bouche gourmande et friande. Très bien sur des charcuteries, des poissons frits, pêchés dans le Dropt ». Fiche : Côtes de Duras rosé et accords.

Le rosé vineux du Marmandais

Le Côtes du Marmandais rosé est « à la robe rose soutenue, au nez de fruits rouges avec des touches épicées ». Il « rentre dans la catégorie des rosés vineux, c’est-à-dire qu’il tire plus vers les caractères des vins rouges ». En bouche, « il a de la matière, il est dense avec une bonne vivacité et des tanins présents (dû à une macération plus longue) et un fruit généreux ». Il supporte l’attente en cave, mais pas plus de trois ans ; servi à 11 °C, il se boit « au cours du repas » car il est « trop en puissance pour l’apéritif ». Fiche : Côtes du Marmandais rosé.

Buzet, Fronton, Gaillac et les autres

Le Buzet rosé est « gourmand et fruité, sa robe est rose bonbon. Le nez est porté sur les fruits rouges, framboise, fraise des bois, très attrayant ». La bouche est « friande, avec un gras présent et une belle acidité, il est rafraîchissant ». On l’apprécie en été, le soir, au moment de l’apéritif, servi à 10 °C avec des cochonnailles du pays. Fiche : Buzet rosé.

Le Fronton rosé est « moins typé que son frère rouge » : la robe varie « du rose clair au rose intense et profond », avec des nez de fraise, d’agrumes et de fleurs, parfois anisés. « La bouche est dense, fraîche et aromatique, avec une belle rondeur et vivacité. » Parfait en apéritif ou sur des plats légèrement relevés, servi à 8 °C, il n’est pas de garde. Fiche : Fronton rosé.

Le Gaillac rosé « est sur une robe rose saumon, le nez est porté par des fragrances de bonbon anglais, épices, fleurs et fruits rouges. La bouche est délicate, légère et pleine de fruit. Très bon pour les apéritifs d’été, servi à 8 °C ». Fiche : Gaillac rosé.

Du côté de l’Irouléguy, le rosé présente « une robe rose pâle avec beaucoup d’éclat », un nez « très aromatique sur des notes de fruits rouges et d’agrumes et un beau côté floral, pétales de roses ». Il est « dense, gourmand et frais avec finesse et délicatesse », « un excellent vin d’apéritif, servi à 9 °C ». Fiche : Irouléguy rosé. Le Béarn rosé est « vraiment friand » ; sa robe « tire vers le jaune brillant », son nez est « une explosion de fruits rouges assez fins », et il se boit à 10 °C. Fiche : Béarn rosé.

Enfin, le Marcillac : les rouges et rosés y sont marqués par le fer servadou, sur des coteaux très pentus non loin de Rodez. Le rosé, « bien plus rare que le rouge », est « un beau rosé très agréable », à la robe rose soutenu, au nez de petits fruits rouges acidulés, avec une texture « très ronde et un fruité mûr et juteux ». La finale est souvent marquée par des notes épicées, de poivre. Fiche : Marcillac rosé.

Charcuteries, rillettes et poissons frits

La table du Sud-Ouest est faite de cochonnailles, et les fiches les mettent en avant : Bergerac, Buzet, Béarn et Duras sont accordés aux charcuteries. La page charcuteries et la page apéritif détaillent les possibilités. Pour Marcillac, la fiche précise « en apéritif avec des rillettes de porc sur toast » : voir les rillettes de porc, ou les rillettes d’oie si l’on cherche une variante régionale.

Le poisson frit de la fiche de Duras trouve un équivalent dans la raie frite. Le Béarn, lui, se boit « sur des daubes » : la daube prend là un rôle inattendu. Les foies gras sont proposés dans la page foie gras, pour les amateurs de cuisine du terroir.

Voisinage, années et autres rosés

Pour comparer avec le style bordelais, voyez Bordeaux rosé et le clairet. Les années sont commentées dans les millésimes du Sud-Ouest, et le guide du Sud-Ouest donne une vue d’ensemble du vignoble. La rubrique vins rouges du Sud-Ouest et la page Sud-Ouest prestigieux prolongent la découverte.