Vins Rouges de Corse

L’Île de Beauté est connue pour la richesse de sa faune, de sa flore et de ses paysages montagneux, et peut-être un petit peu moins pour la qualité des vins qu’elle enfante. Ses rouges sont pourtant authentiques : le Vin de Corse et ses dénominations, l’Ajaccio et le Patrimonio forment l’essentiel de la gamme. Le guide des vins de Corse et la région viticole de la Corse donnent le cadre ; cette page ne s’intéresse qu’aux rouges.

Des cépages qui sont chez eux

La Corse élabore ses vins avec des cépages qui lui sont propres et chers. Côté rouge, la base cite le barbarossa, le nielluccio, le siaccarellu, le carcajolo, auxquels le Vin de Corse ajoute le sciaccarello et des cépages plus connus comme le mourvèdre et le grenache. Pour les blancs, le vermentino tient la vedette, mais il reste hors de cette page.

Le climat est méditerranéen avec des influences montagnardes. Les sols sont granitiques, calcaires, de grès, de sables, silico-argileux et argileux : une diversité qui se retrouve dans le verre. Le vignoble de Provence-Corse rappelle que « la Corse est souvent rattachée à la Provence à cause de son histoire géologique » et que sa diversité géologique est impressionnante et très qualitative pour les vignes. Le vignoble a probablement été planté par les Phocéens, repris par les Romains, puis fortement développé par le royaume de Gênes à partir du 16ème siècle.

Vin de Corse : sombre, soutenu, un brin de garrigue

L’appellation Vin de Corse est une des plus grandes de l’île, mais les vins de pays y remportent la plus grande part de la production. Le Vin de Corse rouge offre la plupart du temps une robe sombre, soutenue. Le bouquet est très marqué par les fruits noirs comme le cassis et la mûre, mais aussi par des notes particulières de cuir, de réglisse et parfois de garrigue. En bouche, la matière est profonde et dense, les tanins sont présents mais fondus, et l’empreinte aromatique est longue en finale.

L’appellation peut être suivie de plusieurs dénominations géographiques : Cap Corse, Sartène, Figari, Porto-Vecchio et Calvi, toutes produites sous les trois couleurs. Pour le rouge, on retrouve donc le Calvi rouge, le Coteaux du Cap Corse rouge, le Figari rouge, le Porto-Vecchio rouge et le Sartène rouge. Parmi les dénominations, la base décrit le Calvi rouge comme « généralement un vin plutôt puissant, à la structure tannique plus affirmée et aux notes de maquis ».

Ajaccio et Patrimonio, deux appellations à part

Le vin Ajaccio existe en blanc, en rouge et en rosé, mais surtout en rouge. Il possède des robes sublimes, rouge rubis ; le nez offre une très belle palette aromatique, des notes florales comme la violette, des arômes de fruits rouges, ainsi que des notes épicées, tout en finesse. La bouche est délicate, élégante, avec une structure tannique très fine : c’est un vin de très grand équilibre.

Au nord de l’île, le Patrimonio fait valoir le nielluccio sur des coteaux face au golfe de Saint-Laurent. Des grands vignerons comme Yves Leccia ou Antoine Arena parviennent à y élaborer des vins très haut de gamme. Son rouge, puissant, a sa page dédiée et sa fiche dans le catalogue.

Cinq ans de garde, 16 °C sur la daube

Les rouges peuvent espérer une garde supérieure à 5 ans pour les meilleures cuvées. Le Vin de Corse rouge se déguste à une température de service de 16 °C, sur une daube ou des viandes rouges grillées. L’Ajaccio a une capacité de garde de 5 ans et se sert aussi à 16 °C ; le Patrimonio, plus concentré, demande davantage, de trois ans au minimum à plus de dix pour les cuvées de garde. Autrement dit, les rouges corses ne se ressemblent pas : certains se boivent pour leur fruit et leur franchise, d’autres demandent la cave, et la carafe est utile aux plus structurés.

Grillades, charcuterie et gibier de l’île

La base accorde l’Ajaccio rouge avec « des grillades de cochon, agneau, mais aussi certains fromages et charcuteries corses ». Dans les saucisseries, le saucisson aux figues et la saucisse de campagne font partie des accords du Vin de Corse rouge, et le figatellu est celui du Patrimonio. La rubrique charcuteries du guide des accords détaille ces associations.

Le gibier a aussi sa place : civet de sanglier à la corse, civet de lièvre et médaillons de marcassin aux poires sont cités pour l’Ajaccio, avec les cailles aux olives vertes, rôties. À côté du gibier, les champignons et les mijotés ne sont pas oubliés : les cèpes au vin rouge, poêlés, et la daube de bœuf aux carottes, en ragoût, figurent dans la liste. La base a déjà recommandé la daube pour le Vin de Corse rouge ; l’Ajaccio, plus fin, s’y prête avec une sauce moins appuyée.

Tartes, tourtes et steaks du quotidien

Au quotidien, la base dresse une liste de plats simples pour le Vin de Corse rouge : la tarte aux knackis, la tarte aux lardons, la tourte au jambon, mais aussi des plats mijotés comme le sauté de porc aux olives ou le tajine de poulet aux olives. Côté viande rouge, les steaks se déclinent en sauce : sauce au poivre vert ou sauce à la moutarde. Pour l’agneau, la page quel vin boire avec de l’agneau prolonge ces idées.

Millésimes et autres rouges de l’île

Les millésimes de Provence-Corse aident à choisir l’année. Pour aller plus loin, les vins de Corse prestigieux et la carte des vins de Corse complètent le voyage, tandis que la page vins rouges remet la Corse dans le paysage national.

Patrimonio

La vigne est présente en Corse depuis les Grecs, étendue ensuite par les Romains. Le vignoble de Patrimonio se situe au nord de l’île, sur des coteaux face au golfe de Saint-Laurent. C’est ici que le nielluccio exprime tout son potentiel, sur un terroir que la base appelle « unique ». Cette page est consacrée au rouge, fiche détaillée au catalogue des vins et accords associés dans cette page. Le Patrimonio est l’un des repères de la gamme des rouges de Corse : un vin de caractère, que les vigner... Lire la suite